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Demande au vent – Hommage

Pastèque dans la place ! Premier article, premier coup de cœur ! Je veux rendre un hommage. Pour un billet d’humour, repassez M’sieur ‘dames. :-D
Dans la vie, on a parfois besoin de trouver des mots pour comprendre nos sentiments, nos émotions. Et la musique peut aider à cela. Les paroles des autres sont des fois troublantes tant elles semblent correspondre à ce qu’on ressent. Comme quoi, on est peut-être unique, mais nous n’avons le monopôle de rien du tout. On partage beaucoup de points communs avec d’autres, qu’on soit fait de chair et de sang, ou de chair et de… pépins. 8) C’est ce qui fait parfois de belles rencontres. Par exemple, j’ai rencontré un kiwi l’autre jour, on s’est tout de suite compris. Bref, hors sujet, passons. :arrow:

L’inspiration

Guillaume Grand

J’ai beaucoup écouté Guillaume Grand pendant un temps. Un compositeur à la voix raillée, au style pop-folk, gratte en mains, qui s’est fait connaitre avec sa chanson « Toi et moi ». Il y a des thèmes chez ce chanteur qui résonnaient en moi. Alors ouais, c’est pas parce qu’on est un fruit qu’on n’a pas de cœur. Celui-ci n’est pas réservé qu’aux artichauts, qu’on se le dise  :!:

 

Parmi le répertoire de ce monsieur, il y a cette chanson: « Demande au vent », qui m’a poussé à faire cette article hommage.

L’histoire

Je vais vous raconter l’histoire d’un garçon qui a vu deux hommes se perdre. :-|

 

Le premier homme qu’il a vu se perdre devait être un exemple pour lui, un modèle.

 

Cet homme, un peu petit, petite moustache, les cheveux au vent, la gitane sans filtre aux doigts, est le petit dernier d’une famille de 4 enfants. Il a grandi avec sa mère, son père, sans grand soucis. Introverti, pas vraiment passionné, il a pourtant rencontré une femme, avec laquelle il s’est marié. De leur union, il a eu un petit garçon. Puis il a fait construire une maison dans un petit bourg à 15 minutes de la ville à l’époque où on pouvait le faire sans trop se surendetter. Il n’était pas bête et avait un emploi stable d’expert comptable en imprimerie. Il avait ses petits talents comme le dessin par exemple. Il aimait rire, il aimait tout court. :)

Petite photo de la belle époque: 8)

Retour des explorateurs.

La vie est belle non ? Et pourtant, un mal profond est venu tout foutre en l’air. Un mal qui s’apparente au début à une mauvaise habitude, mais qui finit par tout détruire. Un liquide… Vous savez, celui qui rend fier les hommes, « les vrais » :-? , l’ami des fêtes et du relâchement… Celui où on compare le gout, qu’on collectionne, qu’on partage avec gaité… avant de le cacher honteusement, partout, sous des vêtements, dans une voiture, ou encore sous le matelas du petit… :oops:

 

Cet homme perdit le contrôle, petit à petit. D’abord son job… Merde pas grave, il va rebondir. Et même s’il faut payer les dettes, madame est là, elle reste debout et elle assure. On y croit toujours. Mais ce n’est pas en mettant le prix de son addiction sur la note que cela aurait pu s’arranger. Des efforts il y en a eu, de tous. Mais le manque associé à d’autres manques rend fou et influençable, pousse au délire, à croire même des choses qui n’existent pas. Alors ces efforts ne payent pas. Et ce mal te change un homme, jusqu’à faire peur, surtout au petit.

 

Les disputes augmentent dans le petit pavillon. Madame vacille mais assure, toujours, alors que lui vacille aussi, mais à sa manière, avec l’assurance en moins. On y croit de moins en moins. Le petit regarde, entend, … subit. Lui il veut juste grandir comprenez-vous. Il veut lire Tintin, regarder DragonBall, jouer à Zelda A Link To The Past… :) Entendre des crises à répétition, remarquer des inconnus les regarder de travers, voir du sang à l’entrée de sa maison parce que quelqu’un est venu régler la note par un bourre pif, ou voir du sang étalé partout dans sa salle de bain parce que son modèle, après être parti pendant 2 jours sans clé, s’est blessé en voulant rentrer chez lui par infraction pour prendre de quoi se changer… Tout cela, c’est pas son truc au petit. :( « Pourquoi on joue jamais au foot, pourquoi la pelouse n’est jamais tondue, pourquoi il dort dans mon lit, pourquoi il ne me parle jamais… :?:  » Voilà les questions du petit.

 

Cet homme a perdu la confiance. Confiance en lui, et aux autres. Madame ne peut plus, elle n’assure plus. Elle rompt… après 17 ans. Le petit commençait à s’empoigner avec ce qu’il commençait à appeler alors « le géniteur »… par colère… Par dépit peut-être ? Par tristesse surement. Le modèle n’est plus. Au revoir le pavillon familial, c’était chouette d’y courir. Bonjour la ZUP. Au revoir la pelouse, bonjour le 6ème étage.

 

L’homme lui, comme le petit, va alors vivre avec sa mère. Qui est le fils ? Qui est le père ? Où est le docteur Jeckill ? Pourquoi Mister Hyde s’impose t-il ? Perdre son travail, perdre sa maison, perdre sa femme, il ne lui manquait plus que de perdre son petit… Il faut le comprendre aussi le gosse, il devait s’occuper de lui. Comment faire sans couper les ponts, hein ? Pouvait-il faire autrement le petit ? Il avait tout essayé, tout dit, pour le ramener dans le droit chemin… non ?

 

Non. Il est commun de se décharger de toute responsabilité lorsque les choses ne vont plus bien autour de soi. On attend toujours que quelqu’un d’autre vienne à l’aide de celui qui appelle au secours. Celui qui est perdu n’a t-il pas besoin de ceux qui savent où aller ? Il en a entendu le petit devenu grand, des « Tu pouvais rien faire de toute façon »,  des « Il n’écoutait pas », et autres « Fallait que tu t’occupes de toi c’est normal »…

 

Et la vie continue, sur des chemins séparés. Puis le garçon, le grand autrefois petit, vit un autre homme se perdre. Et c’est en voyant cet homme avec sa propre gangrène qu’il pu comprendre un peu mieux son modèle à lui, et le mal être qui le rongeait depuis si longtemps, sa maladie d’âme et ces appels au secours qu’il criait dans son silence. Et puis… on comprend de toute façon mieux lorsque le deuxième homme que l’on voit se perdre c’est… soi-même. Qui est le fils ? Qui est le père ? En regardant ses propres ténèbres, le garçon a vu celles de son « géniteur », redevenu « père » au regard des vies qui se ressemblent. Dire qu’on pensait que le modèle n’était plus. Lorsqu’on ne fait plus son fier boyscout, et qu’on vit aussi un mal de vivre, les mots reprennent leur place.

 

Mais le garçon lui n’a pas encore tout perdu, il a encore une certaine naïveté qui le rend fort. Et puis maintenant qu’il comprend un peu mieux, il va pouvoir essayer encore d’aider son modèle, renouer le contact après 12 ans et le sortir de l’isolement ! Peut-être qu’il n’est pas trop tard, n’est ce pas ? Allez on verra demain. Ou après demain, promis.

 

Et plusieurs demains plus tard, un jour d’automne, quand le grand, devenu bien vieux tout d’un coup, accompagne 6 personnes seulement derrière un corbillard pour déposer son modèle, son père, dans sa dernière demeure, parmi les indigents, loin du caveau familial… Oui quand il a compris que le vieux paternel venait lui aussi de couper les ponts, il pleure le gamin. :cry: Il n’y aura pas d’autre demain, c’est trop tard. Et toujours ces « Ça n’aurait rien changé de toute façon », et ces « Il l’a cherché quelque part »…

Bernard

Bernard était né le 17 juin 1956, il était gémeaux comme son fils. Un sensible, un fragile, un écorché vif, comme son fils. Il a vécu la moitié de sa vie comme il l’a voulu, avec réussite, l’autre moitié était… plus déclinante. Il avait tout pour gagner. Et il a gagné : une jolie femme, un beau petit garçon, une maison a lui, un job respectable. Ensuite… « Il a tout perdu » dites vous ? Et « ses proches »… Qu’est ce qu’ils ont gagné « ses proches » ? Eux aussi ils ont perdu. Dans ce genre d’histoire, on perd. On échoue. Il y a des âmes plus compliquées que d’autres, plus fragiles, et quand ces âmes nous quittent, c’est de la faute à qui ? A l’alcool ? A lui ? A eux ? C’est de la faute à la passivité, au manque de volonté et de confiance. Car abandonner, tout le monde peut le faire. Il a abandonné, ils ont abandonné, tout le monde abandonne. :evil: Mais on y gagne quoi ? De la tranquillité ? De la protection ? Mais celui qui va agir, celui qui fait confiance, qui croit, lui va changer les choses. Et là on gagne ! Et tout le monde peut le faire aussi !

Mais pour Bernard c’est trop tard. Aujourd’hui sa vie et son destin sert de leçon. Il restera un modèle, pour son fils, mais aussi pour ceux qui veulent apprendre.

 

Le grand à Bernard, lui, va voir son modèle tous les 17 juin. Parce que le 7 novembre, ce n’est pas une date à célébrer, c’est la date d’un échec, pour tous. Célébrer la date de sa naissance a bien plus de sens. Alors il s’accorde ce rendez-vous, spirituellement. Le grand il cherche ses réponses à lui, il aimerait comprendre pourquoi lui aussi il est tombé, pourquoi il saigne trop souvent, pourquoi lui aussi il voit s’envoler trop d’acquis. Parce que… peut-être que rien est acquis. Peut-être qu’il a trop abandonné, et peut-être qu’on l’a trop abandonné aussi. Et ce mal te change un homme.

 

Le 7 novembre 2008, Bernard est parti, seul, observer son grand de tout en haut. Il aimait son fils, il aimait sa femme et il aimait la vie, mais il ne l’a pas compris… ou trop bien compris justement, c’était peut-être ça son problème. Il aura toujours 52 ans, et restera jeune pour toujours. 8)

Demande au vent – ou à papa

Demande au vent

La chanson de Guillaume Grand, « Demande au vent », et les paroles :

 

Ils disent qu’on a la même tête
Qu’on a les mêmes yeux
Qu’on a le même nez
Qu’on se ronge les ongles tous les deux.

 

Ils disent qu’on a la même voix
Qu’on a le même cœur
Qu’on fait les mêmes choix
Et souvent les mêmes erreurs.

 

Mais nous on laisse le temps
Et on demande au vent
Quand bon lui semble et quand il veut
De balayer les soucis
Et de nous rendre heureux.

 

Parait qu’on a la même vie
Qu’on prend la même voie
Qu’on a les mêmes envies
Les mêmes taches sur les doigts.

 

Qu’on a le même regard
Ce regard ambitieux
Que souvent nos sentiments
Sont trahis par nos yeux.

 

Mais nous on laisse le temps
Et on demande au vent
Quand bon lui semble et quand il veut
De balayer les soucis
Et de nous rendre heureux.

 

Mais nous on laisse le temps
Et on demande au vent
Quand bon lui semble et quand il veut
De balayer les soucis
Et de nous rendre heureux.

 

Ils disent qu’on se fait du souci
Et nous qu’on réfléchit
C’est sûr qu’on donnera jamais
Le même sens à nos vies
Tu m’as pas vu grandir
J’en ai aucun souvenir
Juste quelques histoires
Juste quelques histoires
J’ai trouvé l’équilibre
Entre deux chaises bancales
Entre deux vies banales
Fait mon deuil idéal
Et en plus au final
Ma coupe ressemble au Graal
Alors pourquoi l’écrire
On s’en sort pas si mal

 

Mais nous on laisse le temps
Et on demande au vent
Quand bon lui semble et quand il veut
De balayer les soucis
Et de nous rendre heureux.

 

Et nous on laisse le temps
Et on demande au vent
Quand bon lui semble et quand il veut
De balayer les soucis
Et de nous rendre heureux.


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